Le clocher et la plage de Boramar, la carte postale grandeur nature
Tournez le coin d'une ruelle et vous y êtes : ce clocher rond couleur sable qui plonge ses pieds dans la mer, c'est l'image que vous aviez en tête avant même d'arriver. Il appartient à l'église Notre-Dame-des-Anges (XVIIe siècle), mais avant d'appeler les fidèles à la messe, il guidait les bateaux : c'était un phare. D'où sa silhouette si particulière, ce dôme rose qui ne ressemble à aucun autre clocher de village.
Juste devant s'étire la plage de Boramar, ses galets, ses barques catalanes aux couleurs vives tirées sur le sable, et cette vue qui fait poser le sac à dos plus longtemps que prévu. Poussez la porte de l'église : l'extérieur est sobre, mais l'intérieur cache un retable baroque doré spectaculaire. Le genre de contraste qui résume bien Collioure.
Le Château Royal et les ruelles du Mouré
Impossible de le manquer : le Château Royal occupe tout le bord de l'eau, fondations dans la mer, murailles massives. Ancienne résidence d'été des rois de Majorque puis forteresse remaniée au fil des siècles, il se visite et offre depuis ses remparts un beau panorama sur la baie. Comptez une bonne heure si vous aimez prendre votre temps dans les salles et les cours.
Juste derrière, perdez-vous dans le Mouré, le vieux quartier de pêcheurs. C'est le Collioure que l'on photographie sans s'en rendre compte : ruelles en pente, escaliers étroits, façades roses, ocre et bleues, volets qui claquent et bougainvilliers qui débordent. Aucun itinéraire à suivre ici, le but est justement de tourner au hasard. Les ateliers d'artistes et les petites boutiques s'y nichent, héritage direct des peintres qui ont fait la réputation de la ville.
Le chemin du fauvisme, sur les traces de Matisse et Derain
À l'été 1905, Henri Matisse et André Derain posent leurs chevalets à Collioure et y inventent une nouvelle manière de peindre, toute en couleurs franches et lumineuses : le fauvisme était né. La lumière de la Côte Vermeille y est pour beaucoup, et elle est toujours là pour vous.
Le chemin du fauvisme est un parcours libre et gratuit jalonné d'une vingtaine de reproductions de leurs tableaux, installées en plein air à l'endroit exact où les originaux ont été peints. Le jeu est irrésistible : on tient la toile devant soi et on cherche le même cadrage, la même barque, le même bout de clocher. Un appartement Derain ou un appartement Cézanne pour poser ses valises, et la boucle artistique est presque bouclée.
Le moulin et le fort Saint-Elme, sur les hauteurs
Pour prendre de la hauteur et embrasser toute la baie du regard, montez vers les collines. En chemin, faites halte au vieux moulin restauré, posé au milieu des vignes en terrasses : longtemps moulin à grain, il presse aujourd'hui les olives, et le point de vue sur la ville et la mer vaut à lui seul la grimpette.
Plus haut encore veille le fort Saint-Elme, en étoile, édifié au XVIe siècle sous Charles Quint puis renforcé par Vauban. On peut le rejoindre à pied par un sentier à travers la vigne (prévoyez de l'eau et de bonnes chaussures) ou, plus tranquillement, par le petit train touristique qui part du centre. De là-haut, par temps clair, le regard file jusqu'à la frontière espagnole.
Le marché, les anchois et l'art de la pause
Le marché de Collioure se tient le mercredi et le dimanche matin, du côté de la place du Maréchal Leclerc et de la place du 8-Mai-1945. Étals de produits catalans, fruits gorgés de soleil, fromages, olives, épices : venez plutôt en début de matinée, avant que la foule et la chaleur ne s'installent. C'est l'endroit idéal pour composer un pique-nique de balade.
Et puis il y a les anchois, fierté locale s'il en est. Collioure a longtemps vécu de leur pêche et de leur salaison, un savoir-faire qui perdure dans les maisons de la ville. On les déguste à l'apéritif, sur une tartine d'huile d'olive, ou dans une salade catalane. Goûtez-les sur place : c'est une autre histoire que celle du bocal de supermarché, promis.
Balades, baignade et mini-itinéraire à pied
Collioure se savoure aussi les pieds dans l'eau. Au-delà de Boramar, plusieurs petites criques et anses se prêtent à la baignade, et les sentiers du littoral offrent de jolies marches entre mer et vignes, avec des vues qui changent à chaque virage. Un masque et un tuba suffisent pour explorer les fonds rocheux près des plages.
Pour une première journée, voici un fil simple à suivre à pied : démarrez au clocher et à la plage de Boramar, enchaînez avec l'église puis le Château Royal en longeant le port. Grimpez ensuite dans les ruelles du Mouré en suivant quelques étapes du chemin du fauvisme, redescendez vers la place pour une pause déjeuner et, l'après-midi, montez vers le moulin et le fort Saint-Elme (à pied ou en petit train) avant un dernier bain au retour. Comptez une journée bien remplie, deux si vous voulez vraiment lever le pied.
Le vrai luxe à Collioure, c'est de ne pas avoir à reprendre la voiture le soir venu. Loger à quelques minutes à pied du port, comme dans les appartements de Love Collioure le long du chemin Saint-Elme, permet de rentrer poser ses affaires entre deux visites, de profiter de la terrasse à l'heure dorée et de redescendre dîner sans penser au stationnement. C'est souvent ce détail-là qui transforme une visite en vrai séjour.
Questions fréquentes
Une journée suffit pour voir l'essentiel : le clocher, la plage de Boramar, le Château Royal et les ruelles du Mouré. Mais pour profiter aussi des plages, monter au fort Saint-Elme et goûter aux spécialités sans courir, deux jours sont idéals.
Le marché a lieu le mercredi matin et le dimanche matin, principalement autour de la place du Maréchal Leclerc et de la place du 8-Mai-1945. Mieux vaut y aller en début de matinée pour éviter la foule.
Deux options : à pied par un sentier qui grimpe à travers les vignes en terrasses (prévoyez de l'eau et de bonnes chaussures), ou de façon plus reposante grâce au petit train touristique qui part du centre de Collioure.
C'est un parcours libre et gratuit jalonné d'une vingtaine de reproductions de tableaux de Matisse et Derain, placées à l'endroit exact où ils les ont peints en 1905. On compare la toile au paysage réel, étape par étape.




